Gestion Intégrée du littoral: 2-localité(espaces) et localisation(espace)

Si dans l’article précédent (Analyse des données spatiales et analyse spatiale des données) rien n’était particulier à la gestion du littoral, il ne sera pas de même ici. Nous allons commencer à voir en quoi la géomatique appliquée aux zones littorales présente des caractéristiques tout à fait propres.


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Gestion intégrée du littoral- 1-Analyse des données spatiales et analyse spatiale des données

L’été étant un moment propice pour lever un peu le pied et remettre les idées en place, avant d’attaquer une nouvelle saison pris par les urgences du quotidien, je vous livre une série d’articles avec quelques réflexions sur l’utilisation des outils d’analyse spatiale dans mon domaine de préférence: la gestion intégrée des zones côtières.
Comme le titre le laisse entrevoir, les concepts et les mots de cette belle discipline qu’est la géomatique, sont construits tout autant sur des nuances que sur des exactitudes, sur la rigueur et la souplesse.
De temps en temps, il peut être bénéfique de prendre de la hauteur et de remettre un peu d’ordre dans le cadre conceptuel de nos pratiques quotidiennes. Continuer la lecture de « Gestion intégrée du littoral- 1-Analyse des données spatiales et analyse spatiale des données »

Reclassement des réseaux:quelques idées reçues

Pour planter le décor du problème, voici un extrait de la publication « Géomètre n° 2087 de décembre 2011″:Le dossier du mois Sécurité, fiabilité Réseaux enterrés de Laurent Polidori (directeur de l’ESGT) et Gille Costa (géomètre-expert):

« Le sous-sol de nos villes est devenu un véritable gruyère dont les trous servent de passage à un nombre de plus en plus important de réseaux.
Electricité, téléphone, chauffage urbain, gaz, fibre optique, eau… Tous ces réseaux s’entrecroisent, se côtoient, se superposent et certains sont là depuis si longtemps que même la mémoire s’en est perdue et que leurs gestionnaires n’en connaissent plus l’emplacement exact. Ouvrir une tranchée sur la voie publique devient donc de plus en plus risqué. A tel point qu’après de très graves accidents, le MEEDTL a décidé une réforme de très grande ampleur. Un guichet unique va recenser tous les gestionnaires de réseaux, contacts et à terme les zones d’implantation. Il sera consulté pour les déclarations de projet de travaux (DT) et les déclarations d’intention de commencement de travaux (Dict).
Dans la foulée, la réglementation de ces déclarations est refondue. Tous les nouveaux travaux sur réseaux seront géoréférencés et soumis à trois classes de précision.
L’objectif est simple : parvenir en 2019 à connaître avec certitude l’emplacement de tout ce qui court sous nos pieds… Pour davantage de sécurité et de fiabilité. » Continuer la lecture de « Reclassement des réseaux:quelques idées reçues »

Les données Open Data de santé en France

Après des années d’accès payants, compliqués, confidentiels, etc. , on assiste, en France, à une véritable révolution en ce qui concerne l’accès aux informations géographiques. Après des années où l’on ne pouvait pratiquement travailler toujours sur les mêmes lots de données, aujourd’hui on commence à être submergés par les informations disponibles. C’est donc un peu difficile à suivre pour ceux qui sont pris, le nez sur le guidon, par le travail quotidien.

Le but de cet article n’est pas une analyse détaillée sur les données de Santé en France. Le but est tout simplement de montrer un peu ce qui existe aujourd’hui pour ceux qui ne font pas partie du noyau des utilisateurs de ce type de données, et qui ne penseraient pas à les utiliser dans le cadre d’une analyse intégrée d’un territoire, par manque d’information.

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gvSIG – le préféré des collectivités

Rappel historique

gvSIG est né en 2004 au Conseil en Infrastructures et transport d’Espagne, dans le cadre d’une migration vers des outils OpenSource (gvPontis). Son objectif principal était de disposer d’un SIG complet capable de se substituer aux SIG « éditeur ». Il se compose de deux produits généraux: gvSIG Desktop pour PCs et gvSIG Mobile pour les outils mobiles.

Caractéristiques techniques.

gvSIG est aujourd’hui un des SIG des plus complets, en associant des fonctions puissantes d’édition de données vecteur, des outils de numérisation avec accrochage automatique et génération de la topologie nécessaire, un outil de carte de localisation configurable qui permet d’avoir une vue générale de l’endroit de travail, etc.
C’est un SIG multi-plateforme (Linux, Mac OS, Windows), multi-langue, avec une interface ergonomique et configurable, qui s’appuie sur les standards OGC.

Sa différence.

Techniquement il remplit, à peu de chose près,les mêmes fonctionnalités que QGis ou MapWindows. Ce qui fait sa particularité est l’esprit du projet. gvSIG ne considère pas l’aspect technique du SIG comme le facteur principal de son développement. Il propose une autre façon de concevoir le développement des systèmes d’information: prendre en compte non seulement la technique mais aussi l’économie et la politique. gvSIG se propose de « mettre en route un modèle de production alternatif au modèle traditionnel basé sur la spéculation des connaissances acquises. » Ce nouveau modèle serait basé sur la collaboration et la solidarité, pour permettre de produire plus, mieux et de manière plus juste.
Le projet gvSIG considère que dans la grande majorité de projets OpenSource, le logiciel devient une fin en soi, et ce faisant, ils perdent leur intérêt ou disparaissent. gvSIG considère que les arguments techniques ne doivent pas être les seuls à conduire un projet OpenSource.
C’est cette conception différente du projet OpenSource, mené par de collectivités territoriales en Espagne, mais aussi en Amérique Latine, qui fait de gvSIG un outil ayant une grande écoute au près des collectivités territoriales françaises.

SIG et collectivités territoriales (3) – Les aspects stratégiques du projet SIG

Les aspects stratégiques d’un projet SIG

Dans la suite directe de l’article précédent, on observe régulièrement dans la stratégie de mise en place d’un SIG dans une collectivité territoriale une double orientation.

Cette orientation stratégique vise à la mise en place des applications de gestion, d’une part, et des applications d’aide à la décision d’autre part. Cette double stratégie est difficile de concilier au niveaux des équipes qui doivent rationaliser le travail de routine au sein des applications de gestion, et, en même temps , essayer de prévoir de nouvelles utilisations de l’information, utilisations qu’on ne connaît pas encore.

Dans les applications de gestion on a pour objectif d’améliorer l’efficacité individuelle des agents dans la gestion des informations spatiales. Les agents doivent remplacer leurs outils et méthodes de travail par les outils SIG et la démarche qui va avec. D’un point de vue
humain, on est devant une rupture qu’il faut savoir gérer si on veut atteindre les objectifs de la mise en place du SIG.
Le simple accompagnement technique, voire les stages de formation, n’est pas suffisant, voire contreproductif s’il ont lieu à contretemps.

C’est à ce stade qu’une évaluation doit être faite pour savoir quel type d’accompagnement est nécessaire. Nous pouvons distinguer deux types d’interventions principales dans le Coaching SIG au niveau des équipes.

LE TEAM BUILDING SIG

Il s’applique aux équipes qui assimilent sans problème majeur les nouvelles technologies. L’apprentissage ne pose pas de problème, mais les compétences existantes ne sont pas utilisées de manière optimale. L’objectif de l’accompagnement est le développement de la performance de l’équipe. Dans ce cas, le contrat de coaching est la définition des objectifs de performance, pour les décliner et les inscrire dans la durée.
Le rôle du coach est de stimuler, dynamiser et recadrer en apportant son expérience et son énergie pour permettre au groupe de se projeter.
Le coach se place en « position haute » par rapport au groupe. Il joue le rôle d’animateur d’équipe  avec son apport technique et méthodologique.
A travers des animations pédagogiques il aide le groupe à trouver sa propre dynamique. Cette méthode s’inscrit dans un temps structuré et une durée courte et déterminée, de l’ordre de quelques semaines, avec des séances rapprochées.
Les responsables hiérarchiques du groupe jouent un rôle de leaders conforté par le consultant. Les responsables co-animent et co-préparent l’intervention.

LE TEAM COACHING SIG

Il s’applique aux équipes qui n’arrivent pas à intégrer facilement la nouvelle technologie, et qui par ce fait, n’arrivent pas à se fixer des objectifs communs au groupe. Chaque intervenant assimile le SIG à sa façon et voit des objectifs différents par rapport à ses
partenaires d’équipe. Ce type d’accompagnement a comme objectif le développement du fonctionnement d’une équipe ou d’un groupe de personnes, dans le cas où les objectifs stratégiques du groupe ne sont pas clairs et où il manquent certaines compétences au sein du groupe.
Le contrat de coaching est de faire émerger les objectifs du groupe.
Le rôle du coach est de faire émerger ces objectifs à moyen et long terme par le groupe, en le questionnant et en reformulant ses propositions. Il accompagne le travail d’appropriation par l’équipe et l’intégration au quotidien de ces objectifs.
Le coach se place en « position basse ». Il est un facilitateur, un médiateur avec la matière du groupe, en faisant appel essentiellement à l’écoute…
Cette méthode s’inscrit dans le temps, de l’ordre de plusieurs mois, avec un travail personnel ou d’équipe entre les séances qui sont espacées. La composante hiérarchique du groupe fait partie du groupe au même titre que les autres. Le consultant anime et prépare seul l’intervention.

Les partenariats externes à la collectivité

Le partenariat est une dimension importante du projet. Il concerne la phase amont de constitution du projet pour l’acquisition des données, mais aussi la phase d’exploitation du SIG. Cela implique la gestion des aspects juridiques associés aux droits d’usages et de reproduction liés aux données partagées. C’est dans la phase amont qu’on défini les rôles de chaque partenaire. Il est donc fondamental pour la suite du projet de pouvoir compter sur un accompagnement qui permette une anticipation des problèmes les plus fréquents et qui orient sur les engagements à prendre ou pas. Ceci est particulièrement vrai dans le cas où les partenaires externes ne sont pas à leur premier projet et où la collectivité peut pêcher par manque d’expérience.

Dans l’article suivant nous commencerons à aborder les aspects techniques indispensables pour la méthodologie de mise en place d’un SIG.

SIG et collectivités territoriales (1) – Le contexte

SIG et collectivités territoriales

1. LE CONTEXTE

Pour planter le contexte des Systèmes d’information Géographique (SIG)  au sein des différentes collectivités territoriales, on se doit de commencer par définir le terme SIG.
De nombreuses définitions d’un système d’information géographique (SIG) existent.

La définition de Michel Didier pour le Conseil National de l’Information Géographique, 1990 est la suivante :“un SIG est un ensemble de données repérées dans l’espace, structuré de façon à pouvoir en extraire commodément des synthèses utiles à la décision”; celle du Comité Fédéral de Coordination Inter-agences pour la Cartographie Numérique  (USA) en 1988, USA est : · “un SIG est un système informatique de matériels, de logiciels et de processus conçu pour permettre : la collecte, la gestion, la manipulation, l’analyse, la modélisation, l’affichage de données à référence spatiale, afin de résoudre des problèmes complexes d’aménagement et de gestion”.

La différence entre les deux? La deuxième dit explicitement qu’un SIG est un système informatique. La première sous-tend la même chose sous couvert du terme « commodément ». Pourtant, un système d’information n’a aucune raison d’être informatisé. Si nous prenons la première définition telle qu’elle, l’ancienne gestion du cadastre sous forme de feuilles papier faisait bien partie du système d’information de la Mairie:  quand l’usager avait besoin du plan de sa parcelle il repartait bien avec sa photocopie du plan cadastral!
Quand j’entends un responsable territorial dire « Nous allons mettre en place un SIG », je commence par lui faire comprendre qu’il en a déjà un et que la phrase adéquate est « Nous allons informatiser notre SIG actuel ».

Jouer sur le mots, « pinaillage »? Pas tout à fait. Dans le premier cas on fait inconsciemment table rase de l’existant, pas au niveau documentaire, mais surtout au niveau du personnel. Le nouveau venu a tous les droits et c’est à chacun de se plier à son fonctionnement. La deuxième version posele nouveau système comme une évolution de l’existant: données, personnel, méthodes de travail. C’est au logiciel de prendre en compte cette réalité et de s’adapter. Le contexte des deux versions est diamétralement opposé.

L’apport des logiciels SIG est de permettre une vision globale des territoires en proposant des outils permettant l’intégration des bases de données textuelles et chiffrées avec le fond cartographique approprié. Cette intégration permet une nouvelle vision du territoire, plus riche, plus synthétique, plus opérationnelle.
Quand une collectivité territoriale informatise son SIG, les principaux objectifs poursuivis  sont :

  •   l’optimisation de l’administration du territoire par  la « localisation » des informations qu’elles soient géographiques ou pas,
  • la visualisation des résultats de scénarios divers budgétaires ou réglementaires
  • la planification et l’aménagement du territoire,
  • l’appropriation des informations cartographiques du territoire, qu’elles soient externes comme le cadastre, les réseaux, ou internes comme le PLU, la voirie, les espaces verts, le patrimoine,
  • la diffusion à des tiers de certaines informations, à d’autres structures territoriales comme au public.

Pour compléter le contexte de la mise en place d’un SIG informatisé sur un territoire il faut remarquer que ce projet  se conçoit toujours en association avec d’autres partenaires :
collectivités locales voisines, concessionnaires de réseaux, etc., principalement dans un souci de partage de l’investissement de départ et de mieux tirer partie des compétences localement disponibles.  Le projet, ainsi conçu, devient un carrefour d’échange et de connaissance mutuelle entre les partenaires.  Les données du système sont, généralement, constituées dans le contexte public et deviennent rapidement un élément du patrimoine de la collectivité, disponible pour des multiples valorisations.

 

Nous aborderons dans le prochain article les apports d’une informatisation du SIG pour une collectivité territoriale.