S57Manager

Contenu


Comprendre les cartes marines électroniques avant de les exploiter dans un SIG


Introduction

Les ENC – Electronic Navigational Charts sont aujourd’hui la référence mondiale pour la navigation maritime professionnelle.
Produites par les services hydrographiques nationaux, elles respectent des normes strictes définies par l’Organisation hydrographique internationale (IHO).

Pourtant, lorsqu’on tente de les utiliser dans un SIG comme QGIS, un constat s’impose rapidement :

une ENC n’est pas une couche vectorielle classique.

Ce n’est ni un shapefile amélioré, ni un simple GeoPackage, ni même une base de données spatiale ordinaire.
Les ENC sont des objets informationnels complexes, conçus avant tout pour la navigation, et non pour l’analyse SIG.

Ce chapitre propose de comprendre pourquoi les ENC sont complexes, et en quoi cette complexité explique les difficultés — mais aussi la richesse — de leur exploitation dans QGIS.


1. Une norme internationale très stricte

Les ENC sont définies par la norme S-57 (et plus récemment S-101), publiée par l’IHO.

Cette norme impose :

  • une structure de données précise
  • un vocabulaire normalisé
  • des règles d’interprétation strictes
  • une séparation claire entre :

    • la géométrie
    • la sémantique
    • la présentation

👉 Résultat :
les données sont cohérentes à l’échelle mondiale, mais difficiles à détourner de leur usage initial.


2. Les ENC ne sont pas des “couches”, mais des objets

2.1 Logique orientée objets

Dans une ENC :

  • chaque entité est un objet nautique
  • chaque objet possède :

    • un type normalisé (ex : DEPARE, COALNE, LNDARE)
    • une géométrie
    • une liste d’attributs codés

Exemples d’objets :

  • zones de profondeur
  • aides à la navigation
  • dangers isolés
  • lignes de côte
  • zones réglementées

👉 Contrairement au SIG classique,
on ne part pas d’une géométrie mais d’un objet sémantique.


2.2 Attributs codés et non explicites

Les attributs S-57 :

  • sont souvent codés numériquement
  • nécessitent des tables de correspondance
  • n’ont de sens que dans le cadre de la norme

Exemple :

  • CATOBS = 3
  • WATLEV = 2

Sans documentation IHO, ces valeurs sont illisibles.


3. Une séparation stricte entre géométrie et information

3.1 Géométries partagées

Dans une ENC :

  • plusieurs objets peuvent partager la même géométrie
  • les lignes et nœuds sont stockés séparément
  • la topologie est implicite

👉 Cela permet :

  • une grande précision
  • une mise à jour efficace

👉 Mais cela complique :

  • l’import direct dans un SIG
  • la compréhension des relations spatiales


3.2 Pas de symbolisation embarquée

Les ENC ne contiennent pas leur style graphique.

La représentation visuelle :

  • dépend du système de navigation (ECDIS)
  • suit des règles complexes (S-52)

Dans QGIS :

  • il faut recréer les styles
  • comprendre quelles règles s’appliquent selon le contexte


4. La notion de “Purpose” et d’échelle

Une ENC n’est pas universelle :
elle est produite pour un usage précis, appelé Purpose.

Exemples :

  • vue générale
  • navigation côtière
  • approche portuaire
  • port détaillé

Chaque ENC :

  • a une échelle cible
  • n’est pas censée être utilisée hors contexte

👉 Dans un SIG, afficher toutes les ENC sans filtrage produit :

  • des doublons
  • des incohérences
  • des conflits visuels


5. Une logique pensée pour la sécurité, pas pour l’analyse

Les ENC sont conçues pour :

  • éviter les erreurs humaines
  • garantir une lecture univoque
  • respecter des règles de priorité
  • assurer la sécurité de la navigation

Elles ne sont pas conçues pour :

  • les requêtes spatiales libres
  • les jointures SIG classiques
  • les analyses multi-thématiques

👉 Toute exploitation SIG nécessite donc :

  • une restructuration
  • une interprétation
  • parfois une simplification


6. Pourquoi un plugin dédié est nécessaire dans QGIS

Importer une ENC “brutalement” dans QGIS conduit souvent à :

  • des dizaines de couches illisibles
  • des champs incompréhensibles
  • des géométries fragmentées
  • une perte de sens nautique

Un outil comme S57Manager permet de :

  • respecter la logique S-57
  • structurer les données
  • rendre les attributs exploitables
  • préparer l’affichage et l’analyse


Conclusion

Les ENC sont complexes par conception.

Cette complexité n’est pas un défaut :

  • elle garantit la fiabilité
  • la cohérence internationale
  • la sécurité de la navigation

Mais elle impose, pour le monde SIG,
des outils adaptés, une compréhension minimale de la norme, et une approche respectueuse de la logique nautique.

👉 Comprendre cette complexité est la première étape avant :

  • l’import dans QGIS
  • le choix PostGIS ou GeoPackage
  • l’utilisation d’un plugin spécialisé comme S57Manager


Import, structuration et exploitation des cartes marines officielles dans une base spatiale robuste avec Postgis


Introduction

Les cartes marines au format S-57 (ENC – Electronic Navigational Charts) sont des données officielles, structurées, complexes et riches sémantiquement.
Si elles sont largement utilisées dans les systèmes de navigation professionnelle, leur exploitation directe dans un SIG généraliste comme QGIS reste délicate.


Le plugin S57Manager est né de ce constat :

offrir une solution fiable, structurée et reproductible pour importer, stocker et afficher des données S-57 dans QGIS, en s’appuyant sur des bases de données spatiales modernes.

Dans ce premier article, nous présentons S57Manager dans sa globalité, puis nous détaillons l’option PostGIS, particulièrement adaptée aux usages professionnels, collaboratifs et multi-projets.

Le plugin correspond l’automatisation de la chaîne de traitement publié dans les deux articles :

Cartes ENC dans QGis avec Postgis(1)

Cartes ENC dans QGis avec Postgis(2)


1. Qu’est-ce que S57Manager ?

1.1 Objectifs du plugin

S57Manager vise à :

  • importer des fichiers ENC S-57 dans QGIS
  • décoder leur structure complexe (objets, attributs, géométries)
  • stocker les données de manière normalisée et exploitable
  • faciliter l’affichage et le filtrage dans QGIS

👉 Le plugin s’adresse autant :

  • aux géomaticiens
  • qu’aux gestionnaires portuaires
  • bureaux d’études
  • ou services techniques travaillant avec des données marines


1.2 Architecture générale

  • Import via GDAL / OGR
  • Décodage logique des objets S-57
  • Stockage structuré (PostGIS ou GeoPackage)
  • Affichage contrôlé dans QGIS
  • Outils spécifiques ENC (purpose, échelles, filtres)


2. Pourquoi PostGIS pour les données S-57 ?

2.1 Les enjeux des données ENC

Les ENC ne sont pas de simples couches vectorielles :

  • très grand nombre de tables
  • relations implicites entre objets
  • attributs codés
  • volumes importants
  • mises à jour possibles

PostGIS répond parfaitement à ces contraintes.


2.2 Avantages du stockage PostGIS

Avec S57Manager + PostGIS :

  • ✔ stockage centralisé
  • ✔ performances sur gros volumes
  • ✔ requêtes spatiales avancées
  • ✔ multi-utilisateurs
  • ✔ sauvegardes et mises à jour maîtrisées
  • ✔ intégration dans des chaînes SIG existantes


3. Configuration du mode PostGIS dans S57Manager

3.1 Paramétrage de la connexion

Le paramétrage de la connexion à la base Postgresql/postgis se fait directement dans QGIS. Le plugin recherche et affiche les connexions disponibles dans le projet en cours:


3.2 Structure des tables générées

Quand on clique sur OK dans le dialogue précédent, le plugin vérifie l’existence et le cas échéant il crée 5 schémas dans la base de données sélectionnée:

  • enc, shéma principal où seront stockées tous les fichiers S57 importées
  • linesenc,pointsenc et polysenc, schémas d’import temporaires. Ils accueillent les imports ogr pour permettre les opérations nécessaires aux géométries.Une fois les traitements effectués et les données finales copiées dans le schéma enc, ils sont vidés.
  • encm, pour l’instan non utilisé mais prévu pour des versions futures.

Le schéma ENC contient toutes les tables des fichiers S57

  • séparation par types géométriques(points: pt_, lignes: li_,polygones: pl_)
  • tables d’objets S-57
  • tables de relations
  • gestion des identifiants RCID

👉 Le schéma est conçu pour être lisible, documentable et interrogeable.


4. Importer une ENC S-57 vers PostGIS

4.1 Lancement de l’import

Le plugin recherche et charge tous les fichiers .000 dans le répertoire et sous-répertoires et il effectue:

  • la sélection des fichiers S-57
  • le suivi de progression
  • il affiche des logs détaillés


4.2 Contrôle et validation des données ENC dans PostGIS

L’import de données ENC dans PostGIS ne constitue qu’une première étape.
Avant toute exploitation cartographique ou analytique, il est indispensable de procéder à un contrôle qualité rigoureux.

Les ENC étant des données normées, critiques pour la sécurité maritime, toute erreur de structure ou d’interprétation peut conduire à des résultats incohérents, voire dangereux.

Le contrôle repose sur trois piliers complémentaires :

  1. la vérification des couches importées
  2. l’intégrité des géométries
  3. la cohérence des attributs


4.2.1 Vérification des couches importées

Après l’import dans PostGIS, la première vérification consiste à s’assurer que toutes les classes d’objets attendues sont bien présentes.

Présence et exhaustivité

Selon le contenu de l’ENC, on doit retrouver notamment :

  • les objets hydrographiques (zones de profondeur, sondes)
  • la ligne de côte et les surfaces terrestres
  • les aides à la navigation
  • les dangers et obstructions
  • les zones réglementées ou particulières

L’absence d’une couche peut révéler :

  • une erreur lors de l’import
  • un filtrage involontaire
  • une incompatibilité avec la version S-57 utilisée

Organisation logique

Dans PostGIS, les données peuvent être organisées :

  • par schéma (hydrographie, navigation, réglementation…)
  • par type géométrique (points, lignes, polygones)
  • par classe S-57

Une structuration claire facilite :

  • la maintenance
  • la lecture par des tiers
  • l’automatisation des traitements

👉 S57Manager aide à conserver une organisation lisible, compatible avec les pratiques SIG.


4.2.2 Intégrité des géométries

Les ENC reposent sur des géométries partagées et topologiques, ce qui rend leur import plus délicat qu’un jeu de données vectorielles classique.

Géométries valides

Il est indispensable de vérifier que :

  • les polygones sont fermés
  • les géométries ne sont pas auto-intersectées
  • les lignes ne sont pas dégénérées
  • les points ne sont pas dupliqués inutilement

Dans PostGIS, les fonctions de validation permettent de :

  • détecter les géométries invalides
  • les corriger si nécessaire
  • documenter les anomalies

Une géométrie invalide peut :

  • empêcher l’affichage dans QGIS
  • fausser des calculs de surface ou de distance
  • bloquer des opérations spatiales ultérieures

Cohérence topologique

Même si la topologie S-57 n’est pas toujours conservée telle quelle après import, certaines règles doivent rester cohérentes :

  • une zone de profondeur ne doit pas se superposer arbitrairement à une zone terrestre
  • une ligne de côte doit correspondre à la limite terre/mer
  • les objets ponctuels doivent se situer dans des zones logiquement compatibles

Ces contrôles sont particulièrement importants lors de l’agrégation ou de la généralisation des données.


4.2.3 Cohérence des attributs

Les attributs S-57 sont à la fois riches et contraignants.
Ils doivent être vérifiés avec autant de soin que les géométries.

Présence des attributs essentiels

Chaque classe d’objet possède des attributs :

  • obligatoires
  • conditionnels
  • optionnels

L’absence d’un attribut clé peut indiquer :

  • une erreur d’import
  • une mauvaise interprétation du schéma S-57
  • une perte d’information lors de la conversion

Valeurs codées et domaines

De nombreux attributs utilisent :

  • des valeurs numériques codées
  • des listes fermées définies par l’IHO

Il est crucial de vérifier que :

  • les valeurs sont dans les domaines autorisés
  • les codes correspondent à leur signification
  • les champs ne contiennent pas de valeurs aberrantes

Une valeur incorrecte peut modifier :

  • l’interprétation cartographique
  • la hiérarchie des objets
  • les règles d’affichage ou de priorité

Cohérence sémantique

Enfin, certains contrôles relèvent du bon sens nautique :

  • un danger ne peut pas être situé à terre
  • une aide à la navigation doit être cohérente avec son environnement
  • une zone réglementée doit avoir un type et une catégorie compatibles

Ces vérifications croisées sont souvent facilitées par :

  • des requêtes spatiales PostGIS
  • des jointures entre couches
  • une visualisation dans QGIS


Pourquoi ces contrôles sont essentiels

PostGIS offre une puissance d’analyse exceptionnelle, mais il ne corrige pas automatiquement les incohérences sémantiques ou normatives.

Dans le cas des ENC :

  • la qualité des données conditionne directement leur fiabilité
  • les erreurs peuvent se propager dans les analyses
  • un contrôle initial évite des problèmes en aval

👉 S57Manager s’inscrit dans cette logique :
non pas seulement importer, mais importer proprement, dans le respect de la structure et du sens nautique des données.


5. Exploitation dans QGIS

5.1 Affichage par familles d’objets

Face à la richesse et à la densité des données ENC, l’affichage simultané de toutes les couches conduit rapidement à une carte illisible.
Une bonne pratique consiste à organiser l’affichage par familles d’objets, c’est-à-dire par grands ensembles fonctionnels partageant une logique nautique commune.

On distingue par exemple :

  • les objets hydrographiques (zones de profondeur, sondes, isobathes),
  • les éléments du trait de côte et des surfaces terrestres,
  • les aides à la navigation (balises, feux, amers),
  • les dangers et obstructions,
  • les zones réglementées ou particulières.

Dans QGIS, cette organisation peut être mise en œuvre via :

  • des groupes de couches,
  • des styles partagés par famille,
  • des filtres d’affichage conditionnels,
  • ou des schémas distincts côté PostGIS.

L’affichage par famille présente plusieurs avantages :

  • il facilite la lecture progressive de la carte, en révélant l’information par couches logiques ;
  • il permet un contrôle visuel rapide de la cohérence des données (objets manquants, anomalies de position) ;
  • il prépare le terrain pour des styles avancés, proches des règles S-52, sans chercher à les reproduire intégralement.

👉 S57Manager s’appuie sur cette logique en conservant une structuration compatible avec les familles d’objets ENC, permettant à l’utilisateur de construire des projets QGIS lisibles, évolutifs et adaptés à ses usages.

5.2 Filtrage des couches affichées

Le menu « Outils ENC » permet un filtrage des couches affichées selon l’usage et/ou l’échelle d’affichage


Filtrage par purpose

Les ENC sont conçues pour des usages très différents, allant de la planification de route à la navigation côtière ou portuaire.
Cette diversité est formalisée par la notion de purpose, qui correspond au niveau d’utilisation cartographique de la donnée (usage général, côtier, approche, port, etc.).

Appliquer un filtrage par purpose permet de n’afficher que les objets pertinents pour un contexte donné, en évitant la surcharge visuelle et les informations inutiles à l’échelle considérée.
Un objet valide dans une ENC de navigation générale peut devenir inadapté, voire trompeur, dans un contexte portuaire, et inversement.

Dans un environnement PostGIS / QGIS, ce filtrage peut être mis en œuvre :

  • via des attributs hérités de l’import ENC,
  • par des vues SQL dédiées à chaque purpose,
  • ou par des règles de visibilité dépendantes de l’échelle.

Les bénéfices sont multiples :

  • une meilleure lisibilité cartographique, adaptée au niveau de détail attendu ;
  • une cohérence entre échelle, usage et contenu ;
  • une base solide pour des styles différenciés selon le contexte de navigation.

👉 S57Manager facilite ce filtrage en conservant l’information de purpose lors de l’import et en permettant de structurer les couches et requêtes selon les usages ciblés, sans imposer une symbolisation rigide.


Échelle d’affichage

Dans les ENC, l’échelle n’est pas un simple paramètre cartographique : elle conditionne la validité même de l’information affichée.
Chaque objet est conçu pour être interprété à une plage d’échelles donnée, en lien étroit avec son purpose et son niveau de généralisation.

Afficher un objet en dehors de son domaine d’échelle peut entraîner :

  • une perte de lisibilité (densité excessive d’objets),
  • une fausse précision (objets trop détaillés à petite échelle),
  • voire une interprétation erronée pour l’utilisateur final.

La gestion de l’échelle d’affichage permet donc :

  • d’adapter automatiquement la visibilité des couches au niveau de zoom,
  • de préserver la cohérence entre détail géométrique et contexte d’usage,
  • de rapprocher le comportement de QGIS de celui d’un ECDIS, tout en conservant la souplesse d’un SIG.

Dans une architecture PostGIS ou GeoPackage, cette logique peut être implémentée :

  • par des plages d’échelles définies au niveau des couches,
  • par des vues ou requêtes filtrant les objets selon l’échelle courante,
  • ou par une combinaison purpose / échelle pour un contrôle plus fin.

👉 S57Manager propose des outils pour définir et ajuster les échelles minimale et maximale d’affichage des couches sélectionnées, permettant une cartographie progressive, lisible et conforme à l’esprit des ENC, sans complexifier inutilement le projet QGIS.


5.3 Symbolisation personnalisée

Si on charge les couches S57 directement, on se retrouve avec des points, des lignes et des polygones avec une symbologie par défaut, très éloigne d’une carte marine.
S57Manager permet de trouver directement une symbologie de type ECDIS:

Pour cela il y a deux étapes à respecter:

  • La première est d’installer tous les symboles svg nécessaires: ceux-ci sont contenus dans le plugin et ils sont installés dans le profil utilisateur en cliquant sur le bouton « Installler bibliothèque de symboles svg » du dialogue Options S57.

  • La deuxième est d’installer, dans la base de données Postgis la symbologie par défaut pour chacune des couches S57.

Le bouton » Installer la symbologie par défaut S57″ vérifie si la table layer_styles existe dans le schéma public de la base Postgis. Si elle n’existe pas, elle est créé et les symbologies par défaut des 260 couches sont ajoutées. Si la table existe déjà, les symbologies par défaut des 260 couches sont ajoutées aux existantes.


Conclusion

Le mode PostGIS de S57Manager constitue une solution robuste pour intégrer durablement les données ENC dans un SIG professionnel.
Il s’adresse clairement aux environnements où pérennité, performance et collaboration sont des critères essentiels.


Une solution légère, autonome et portable pour les données marines: le format Geopackage


Introduction

Si PostGIS est idéal pour les environnements professionnels structurés, il n’est pas toujours nécessaire — ni souhaitable — pour tous les usages.

Pour :

  • des études ponctuelles
  • des projets embarqués
  • des échanges de données
  • ou un usage hors connexion

le GeoPackage (GPKG) représente une alternative simple et efficace.

Dans cet article, nous explorons l’option GeoPackage de S57Manager, pensée pour offrir la même richesse fonctionnelle, sans dépendance serveur.

Le plugin correspond l’automatisation de la chaîne de traitement publié dans les deux articles :

Cartes ENC Geopackage dans QGis Version finale: première partie

Cartes ENC Geopackage dans QGis Version finale: deuxième partie


1. Pourquoi choisir le GeoPackage ?

  • fichier unique
  • format OGC standard
  • portable
  • versionnable
  • compatible QGIS / ArcGIS / GDAL

👉 Idéal pour :

  • bureaux d’études
  • missions terrain
  • partage inter-organismes


2. Configuration du mode GeoPackage

2.1 Création ou sélection du GPKG

L’utilisateur défini le répertoire à utiliser pour les geopackages. Quatre fichiers gpkg sont utilisés par le plugin:

  • enc.gpkg fichier principal avec le résultat final (jusqu’à 260 tables S57)
  • trois geopackages temporaires d’import: linesENC.gpkg, pointsENC.gpkg et polysENC.gpkg

Si les gpkg n’existent pas ils sont créés, si non ils sont utilisés pour l’import et le stockage des couches finales. Le fichier enc.gpkg est enrichi des nouvelles couches importées.

Le plugin assure:

  • la création automatique
  • la réutilisation d’un fichier existant
  • structure interne gérée par le plugin


2.2 Organisation des couches

  • tables par types d’objets
  • cohérence avec le mode PostGIS
  • compatibilité maximale


3. Import ENC → GeoPackage

  • même logique d’import que PostGIS
  • logs et contrôles identiques
  • pas de perte fonctionnelle


4. Travailler avec les couches ENC en local

  • affichage rapide
  • filtres par purpose
  • échelles d’affichage
  • styles intégrés


5. Comparatif PostGIS / GeoPackage

Critère PostGIS GeoPackage
Multi-utilisateur
Performance gros volumes ⚠️
Portabilité
Simplicité ⚠️
Déploiement Serveur Fichier


Conclusion

Le mode GeoPackage de S57Manager rend les données ENC accessibles sans infrastructure lourde, tout en conservant leur richesse.

Il complète parfaitement l’approche PostGIS et fait de S57Manager un outil polyvalent, capable de s’adapter à de nombreux contextes opérationnels.


Importer les cartes marines NOAA ENC directement dans QGIS avec S57Manager

Les ENC (Electronic Navigational Charts) constituent aujourd’hui la référence pour la cartographie marine numérique.
Avec la dernière évolution du plugin S57Manager, QGIS se dote désormais d’un module dédié au catalogue officiel NOAA ENC, permettant de rechercher, filtrer et importer facilement des cellules ENC directement depuis l’interface QGIS.

Ce nouvel outil simplifie considérablement le travail des utilisateurs travaillant sur des données marines, portuaires ou littorales.


🔎 Le catalogue NOAA ENC : de quoi parle-t-on ?

La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) met à disposition un catalogue officiel regroupant plusieurs milliers de cellules ENC couvrant :

  • les côtes américaines,
  • les ports,
  • les estuaires,
  • les voies navigables intérieures.

Chaque cellule ENC est décrite par :

  • un identifiant (ex. US5NYCDF),
  • un purpose (niveau d’usage, de la vue d’ensemble au très grand détail),
  • une échelle nominale,
  • une emprise géographique précise,
  • une URL de téléchargement officielle.

Jusqu’à présent, l’accès à ce catalogue nécessitait des outils externes ou des recherches manuelles.
Le module NOAA de S57Manager change radicalement cette approche.


🧩 Un module NOAA intégré à S57Manager

Le nouveau module NOAA est entièrement intégré au plugin S57Manager et respecte sa philosophie :

centraliser l’ensemble des outils ENC dans une interface unique, cohérente et efficace.

Depuis QGIS, l’utilisateur peut désormais :

  • charger le catalogue NOAA officiel (XML),
  • parcourir la liste complète des cellules disponibles,
  • filtrer dynamiquement les cellules,
  • importer uniquement celles qui sont réellement utiles.


🎛️ Des filtres pensés pour un usage cartographique réel

Le module NOAA propose plusieurs filtres combinables :

🔹 Filtrage par purpose

Les cellules ENC NOAA sont classées par purpose (1 à 6) :

Purpose Usage
1 Vue d’ensemble
2 Général
3 Côtier
4 Approche
5 Port
6 Amarrage / Détail

Le module permet de sélectionner précisément les niveaux souhaités.


🔹 Filtrage par échelle

Chaque cellule ENC possède une échelle nominale (ex. 1:10 000, 1:50 000…).
Le module NOAA permet de définir une échelle minimale et maximale, afin d’éviter de charger :

  • des données trop grossières,
  • ou au contraire trop détaillées.

💡 Astuce :
Les cellules de purpose 5 et 6 utilisent des échelles fines (≈ 1:2 000 à 1:12 000).
Pour les afficher, il est recommandé de régler l’échelle minimale autour de 1:1 500.


🔹 Filtrage par emprise du canevas QGIS

C’est l’un des points forts du module.

L’utilisateur peut choisir de ne lister que les cellules NOAA qui intersectent l’emprise actuelle du canevas QGIS.

Concrètement :

  • vous zoomez sur une zone d’intérêt,
  • vous activez le filtre par emprise,
  • seules les cellules pertinentes apparaissent.

Ce filtrage repose sur :

  • des emprises NOAA en EPSG:4326,
  • une reprojection automatique vers le CRS du canevas QGIS.


⬇️ Importer une cellule NOAA en quelques clics

Une fois la cellule sélectionnée :

  1. le fichier ENC est téléchargé depuis l’URL officielle NOAA ;
  2. il est validé et intégré dans le flux S-57 existant du plugin ;
  3. les couches sont importées dans la base GeoPackage ou PostGIS configurée ;
  4. la symbologie et l’organisation standard S57Manager s’appliquent automatiquement.

Aucune manipulation manuelle n’est nécessaire.


🌍 Multilingue et intégré à l’écosystème QGIS

Comme le reste de S57Manager, le module NOAA est :

  • entièrement multilingue (FR / EN / ES / PT),
  • compatible avec les versions récentes de QGIS (Qt6),
  • cohérent avec les autres outils ENC du plugin.

Il ne s’agit pas d’un outil isolé, mais d’une extension naturelle du flux de travail ENC dans QGIS.


🚀 Conclusion

Avec ce nouveau module NOAA, S57Manager franchit une étape importante :

  • accès direct au catalogue officiel ENC,
  • sélection fine des données utiles,
  • import rapide et maîtrisé,
  • intégration transparente dans QGIS.

Que vous travailliez sur :

  • la cartographie portuaire,
  • l’analyse côtière,
  • la gestion des voies navigables,
  • ou la donnée maritime institutionnelle,

ce module apporte un gain de temps réel et une meilleure maîtrise des données ENC.


Explorer les ENC avant import : le catalogue NOAA au service de S57Manager

Travailler avec des données ENC (S-57) pose un défi bien particulier : leur richesse et leur complexité rendent toute approche « à l’aveugle » inefficace. Avant même de parler d’import ou de structuration dans QGIS, une question essentielle se pose : quelles cartes charger, et pourquoi celles-ci plutôt que d’autres ?
C’est précisément à ce stade qu’intervient le catalogue NOAA des ENC, trop souvent sous-exploité par les géomaticiens.


Les ENC : une abondance qui complique le choix

Contrairement aux données SIG classiques, une ENC ne correspond pas à une unique carte couvrant une zone donnée. Elle fait partie d’un ensemble de cellules cartographiques, chacune définie par :

  • une emprise géographique précise,
  • une échelle nominale,
  • un usage cartographique (overview, coastal, approach, harbour, berth…),
  • un objectif de navigation.

Pour une même zone, plusieurs cellules peuvent se superposer à différentes échelles. Importer l’ensemble des ENC disponibles sans sélection préalable conduit rapidement à :

  • des bases de données volumineuses,
  • des projets QGIS illisibles,
  • des performances dégradées,
  • et surtout, une perte de sens cartographique.

Avant d’exploiter les ENC, il faut donc les comprendre et les situer.


Le catalogue NOAA des ENC : une ressource clé, mais brute

La NOAA met à disposition un catalogue officiel des ENC, diffusé sous forme d’un fichier XML conforme aux standards ISO (notamment ISO 19115).
Ce catalogue contient, pour chaque cellule :

  • son identifiant (cell_id),
  • son nom,
  • son échelle,
  • son usage,
  • son emprise géographique,
  • et l’URL de téléchargement.

Sur le papier, toutes les informations nécessaires à une sélection raisonnée sont présentes. En pratique, ce catalogue reste difficilement exploitable :

  • format XML peu lisible,
  • absence de visualisation spatiale directe,
  • consultation souvent limitée à des outils spécialisés ou à des scripts ad hoc.

L’enjeu est donc clair : transformer ce catalogue technique en une couche SIG exploitable dans QGIS.


Du catalogue XML à une couche SIG d’emprises

Une fois le catalogue NOAA parsé correctement, il devient possible d’en extraire les emprises de toutes les cellules ENC et de les convertir en polygones.
Le résultat est une couche d’index spatiale, stockée par exemple dans un GeoPackage, contenant :

  • un polygone par cellule ENC,
  • les attributs essentiels :

    • cell_id,
    • name,
    • scale,
    • purpose.

Cette couche est légère, stable, et ne nécessite qu’une génération ponctuelle. Elle ne contient aucune géométrie nautique détaillée, uniquement les emprises cartographiques.


Charger et explorer les emprises NOAA dans QGIS

Une fois chargée dans QGIS, cette couche d’index devient un outil d’exploration particulièrement efficace :

  • polygones transparents pour conserver la lisibilité du fond,
  • contours visibles pour distinguer les cellules,
  • étiquettes sur l’identifiant de cellule,
  • superposition possible avec :

    • une zone d’étude,
    • un projet existant,
    • des données terrain.

En quelques secondes, il devient possible de :

  • identifier les cellules couvrant réellement une zone,
  • comparer les échelles disponibles,
  • comprendre la logique de découpage cartographique,
  • éviter les imports inutiles.

QGIS retrouve ici son rôle central : un outil d’analyse spatiale, pas seulement un visualiseur de données importées.


Du repérage à l’import : l’intégration avec S57Manager

L’intérêt de cette couche d’index prend toute sa valeur lorsqu’elle est reliée à S57Manager.
Depuis QGIS, l’utilisateur peut :

  • explorer visuellement les emprises,
  • sélectionner une cellule pertinente,
  • déclencher directement l’import de cette cellule via une action QGIS.

Cette approche permet :

  • un import ciblé,
  • un contrôle fin du volume de données,
  • une cohérence entre besoins métiers et données chargées,
  • une parfaite compatibilité avec les deux modes de stockage proposés par S57Manager :

    • PostGIS,
    • GeoPackage.

On passe ainsi d’une logique « importer puis trier » à une logique « comprendre, sélectionner, puis importer ».


Conclusion : remettre l’intelligence en amont du traitement

Avec l’exploitation du catalogue NOAA sous forme de couche SIG, le travail sur les ENC gagne en clarté et en efficacité.
Plutôt que de subir la complexité des données S-57, le géomaticien reprend la main dès la phase amont : exploration, sélection et décision.

Associé à S57Manager, le catalogue NOAA ne constitue pas un outil annexe, mais bien la première brique d’une chaîne de traitement cohérente :
catalogue → sélection → import → exploitation.

Une étape souvent négligée, mais indispensable pour travailler sereinement avec des données nautiques complexes dans QGIS.