[FR]Explorer les ENC avant import : le catalogue NOAA au service de S57Manager


Travailler avec des données ENC (S-57) pose un défi bien particulier : leur richesse et leur complexité rendent toute approche « à l’aveugle » inefficace.
Avant même de parler d’import ou de structuration dans QGIS, une question essentielle se pose : quelles cartes charger, et pourquoi celles-ci plutôt que d’autres ?

C’est précisément à ce stade qu’intervient le catalogue NOAA des ENC, trop souvent sous-exploité par les géomaticiens.

Après avoir présenté l’import des données ENC S-57 dans QGIS avec S57Manager, d’abord via PostGIS puis via GeoPackage, ce dernier article s’intéresse à une étape souvent négligée mais essentielle : explorer et sélectionner les cartes ENC en amont de l’import, à partir du catalogue officiel NOAA.


Les ENC : une abondance qui complique le choix

Contrairement aux données SIG classiques, une ENC ne correspond pas à une carte unique couvrant une zone donnée.
Elle fait partie d’un ensemble de cellules cartographiques, chacune définie par :

  • une emprise géographique précise,
  • une échelle nominale,
  • un usage cartographique (overview, coastal, approach, harbour, berth…),
  • un objectif de navigation.

Pour une même zone géographique, plusieurs cellules peuvent ainsi se superposer à différentes échelles.
Importer l’ensemble des ENC disponibles sans sélection préalable conduit rapidement à :

  • des bases de données volumineuses,
  • des projets QGIS difficiles à lire,
  • des performances dégradées,
  • et surtout, une perte de sens cartographique.

Avant d’exploiter les ENC, il est donc indispensable de les comprendre et de les situer.


Le catalogue NOAA des ENC : une ressource clé, mais brute

La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) met à disposition un catalogue officiel des ENC, diffusé sous la forme d’un fichier XML conforme aux standards ISO (notamment ISO 19115).

Ce catalogue contient, pour chaque cellule ENC :

  • son identifiant (cell_id),
  • son nom,
  • son échelle nominale,
  • son usage (purpose),
  • son emprise géographique,
  • et l’URL officielle de téléchargement.

Sur le papier, toutes les informations nécessaires à une sélection raisonnée sont présentes.
En pratique, ce catalogue reste cependant difficilement exploitable :

  • format XML peu lisible,
  • absence de visualisation spatiale directe,
  • consultation souvent limitée à des outils spécialisés ou à des scripts ad hoc.

L’enjeu est donc clair : transformer ce catalogue technique en une couche SIG réellement exploitable dans QGIS.


Du catalogue XML à une couche SIG d’emprises

Une fois le catalogue NOAA correctement parsé, il devient possible d’en extraire les emprises de toutes les cellules ENC et de les convertir en polygones géographiques.

Le résultat est une couche d’index spatiale, stockée par exemple dans un GeoPackage, contenant :

  • un polygone par cellule ENC,
  • les attributs essentiels :

    • cell_id,
    • name,
    • scale,
    • purpose.

Cette couche est légère, stable, et ne nécessite qu’une génération ponctuelle.
Elle ne contient aucune géométrie nautique détaillée, uniquement les emprises cartographiques des cellules ENC.


Charger et explorer les emprises NOAA dans QGIS

Une fois chargée dans QGIS, cette couche d’index devient un outil d’exploration particulièrement efficace :

  • polygones transparents pour conserver la lisibilité du fond,
  • contours visibles pour distinguer clairement les cellules,
  • étiquettes affichant l’identifiant de cellule,
  • superposition possible avec :

    • une zone d’étude,
    • un projet SIG existant,
    • des données terrain.

En quelques secondes, il devient possible de :

  • identifier les cellules couvrant réellement une zone d’intérêt,
  • comparer les échelles disponibles,
  • comprendre la logique de découpage cartographique,
  • éviter les imports inutiles.

QGIS retrouve ici son rôle central : un outil d’analyse spatiale, et pas seulement un visualiseur de données importées.


Du repérage à l’import : l’intégration avec S57Manager

L’intérêt de cette couche d’index prend toute sa valeur lorsqu’elle est directement reliée à S57Manager.

Depuis QGIS, l’utilisateur peut alors :

  • explorer visuellement les emprises NOAA,
  • sélectionner une cellule pertinente,
  • déclencher directement l’import de cette cellule via une action intégrée.

Cette approche permet :

  • un import ciblé et maîtrisé,
  • un contrôle précis du volume de données,
  • une meilleure adéquation entre besoins métiers et données chargées,
  • une compatibilité totale avec les deux modes de stockage proposés par S57Manager :

    • PostGIS,
    • GeoPackage.

On passe ainsi d’une logique

« importer puis trier »
à une logique beaucoup plus efficace :
« comprendre, sélectionner, puis importer ».


Conclusion : remettre l’intelligence en amont du traitement

Grâce à l’exploitation du catalogue NOAA sous forme de couche SIG, le travail sur les ENC gagne en clarté, en efficacité et en maîtrise.

Plutôt que de subir la complexité des données S-57, le géomaticien reprend la main dès la phase amont : exploration, sélection et décision.

Associé à S57Manager, le catalogue NOAA ne constitue pas un outil annexe, mais bien la première brique d’une chaîne de traitement cohérente :

catalogue → sélection → import → exploitation

Une étape souvent négligée, mais indispensable pour travailler sereinement avec des données nautiques complexes dans QGIS.


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