Comment passer vos données de la 2D à la 3D pour exploiter pleinement ArcGis Pro 1.0? 3 – Vos rasters 2D vers 2,5D (surfaces fonctionnelles)

Le terme trois dimensions (3D) est souvent galvaudé, car de nombreuses applications aujourd’hui stockent et affichent des données en deux dimensions et demie (2.5D) : les surfaces fonctionnelles. Une surface fonctionnelle est continue, et toutes les localisations sur la surface ne peuvent avoir qu’une valeur d’altitude, ou z, par coordonnée x,y. Les véritables surfaces 3D sont quelquefois désignées sous le terme de surfaces de modèle solides et ArcGIS les gère à l’aide d’entités multipatch. Par opposition à une surface fonctionnelle qui présente une continuité de surface, on trouve des surfaces de modèle solides capables de modéliser et de stocker des valeurs en 3D ou il y a plusieurs valeurs z par coordonnée x,y.
ArcGis traite les surfaces raster, TIN, de jeux de données de MNT et LAS comme des surfaces fonctionnelles. Les surfaces fonctionnelles peuvent stocker une valeur z unique, et non pas plusieurs valeurs z, pour un emplacement x,y donné. L’exemple probablement le plus répandu de surface fonctionnelle correspond aux surfaces terrestres représentant la surface de la terre. D’autres exemples de surfaces fonctionnelles terrestres incluent les données d’isobathes, les profondeurs de nappes phréatiques et les strates géologiques individuelles. Les surfaces fonctionnelles permettent également de représenter des surfaces statistiques décrivant des données climatiques et démographiques, la concentration de ressources et d’autres données biologiques.
Un autre type de donnée très répandue est la photographie aérienne ou satellitaire. Nous allons prendre comme exemple une couverture orthophotographique.

Avant de voir comment passer cette image de 2D en plus de 2D (2,5 ou 3) il faut rappeler comment sont stockées les données XY pour les rasters. Les SIG stockent les coordonnées de chaque point composant une entité vectorielle (points, lignes, polygones). Pour une ligne, le SIG aura les XYZ de chaque point la composant. Par contre, pour un fichier de type raster, composé de pixels et couvrant toujours la totalité de la surface, il est impossible de stocker les coordonnées XYZ de chaque pixel composant l’image. Sans rentrer dans les détails des différents systèmes de géoréférencement d’un raster, le plus simple et ancien consiste à stocker les coordonnées(X et Y) du coin haut gauche de l’image, puis de la taille en X et de la taille en Y des pixels. Avec ces 4 valeurs il est possible de dessiner l’image et de la superposer aux autres couches de données.
Comme chaque pixel n’a pas de coordonnées XY propres, il est impossible de leur adjoindre une coordonnée Z.
Alors, comment faire pour voir notre photo aérienne en 3 dimensions?
On va lui affecter une surface de référence, une surface fonctionnelle dans laquelle la valeur du pixel sera le Z souhaité. Cette surface sera généralement un Modèle numérique de terrain (MNT). Puis on dira à ArcGis que l’on souhaite qu’il drape notre photo aérienne sur cette couche de référence.
Concrètement, dans ArcScene on charge la photo aérienne, puis dans la fenêtre de propriétés de la couche, dans l’onglet « Hauteurs de base » cochez l’option « Flottant sur une surface personnalisée » et naviguez pour indiquer votre couche de référence (MNT).

La photo apparaît alors drapée sur le MNT. Pour ne pas avoir a refaire cette opération chaque foius que vous voulez afficher votre photo aérienne, il suffit de sauvegarder la couche dans un fichier de couche (.lyr), en cliquant avec le bouton droit de la souris sur la couche puis « sauver comme fichier de couche ».
Quand vous chargerez cette couche dans ArcScene elle apparaîtra directement en 3D (plus exactement en 2,5D).

Comment passer vos données de la 2D à la 3D pour exploiter pleinement ArcGis Pro 1.0? 2 – Avec couche 3D vers classe d’entités

Une autre manière d’obtenir une couche XYZ c’est la création d’une couche multipatch à partir d’une couche 2D. Prenons un exemple courant. Vous avez une couche cadastre avec le bâti.

Si vous disposez d’un attribut qui vous permet de calculer une hauteur pour chaque bâtiment, par exemple le nombre de niveaux, vous pouvez, dans ArScene affecter une extrusion à chaque polygone en fonction de ce champ.
Vous définissez l’extrusion dans la fenêtre de propriétés de la couche, onglet extrusion.

Ici nous affectons une hauteur de 2,75m pour chaque niveau du bâtiment. ArcScene crée un objet 3D à partir de chaque polygone bâtiment en lui affectant la hauteur calculée.

Vous pouvez alors créer une nouvelle couche de données à partir de cette couche. La nouvelle couche sera de type multipatch et contiendra, non plus de polygones mais des polyèdres.
Pour cela, vous devez utiliser la commande « Couche 3D vers classe d’entités » à partir d’ArcScene, sur la couche extrudée.

Pour renseigner la fenêtre, rien de bien difficile: la couche extrudée et le nom de la nouvelle couche.
Par contre, ATTENTION!!!, selon la version d’ArcGis que vous avez, la commande marche ou ne marche pas. Eh oui! Il y a un bug dans la 10.2, corrigé dans la 10.2.2 et revenu dans la 10.3…
Si le résultat de votre commande s’affiche dans ArcScene sans extrusion, vous avez gagné, votre version a le bug. Pour contourner ce bug et obtenir le bon résultat, il faut désactiver le geoprocesseur en arrière plan: dans le menu Geoprocesseur sélectionnez Options du geoprocesseur et décochez la case Exécuter en arrière plan.
Si la commande marche, le résultat obtenu est le suivant:

Les bâtiments apparaissent directement en 3D, sans avoir besoin de définir une extrusion.

Comment passer vos données de la 2D à la 3D pour exploiter pleinement ArcGis Pro 1.0? 1 – Avec Interpoler une forme

L’apport le pus intéressant d’ArcGis Pro 1.0 c’est, incontestablement, la possibilité de travailler avec deux fenêtres liées, l’une affichant les données en 2D telles que vous avez l’habitude dans ArcMap, l’autre affichant la même emprise mais en 3D.
Mais le problème c’est que jusqu’à présent, sauf rares exceptions, vous n’avez jamais créé des couches 3D. Toutes vos données, ou presque n’ont que des X,Y. Normal, puisque le Z n’apportait que du travail supplémentaire!
Au fait, ce n’est pas si compliqué de résoudre ce problème. Tout ce qu’il vous faut c’est une couche de référence pour le fameux Z. En termes plus techniques, en général, un MNT (modèle numérique de terrain). Cette couche va vous permettre de créer les données Z de vos autres couches, en suivant les pas décrits ci-après. On va pas s’attarder ici sur comment choisir la couche de référence Z, mais cela implique une réflexion aussi poussée que celle que vous avez eue (ou que vous devriez avoir eue!) lors du choix de votre référentiel X,Y.
Dans l’exemple suivant nous utilisons comme référence le modèle numérique de terrain avec un pas de 90m dérivé de l’USGS/NASA SRTM (http://srtm.csi.cgiar.org) qui est gratuit et téléchargeables directement. Les images correspondent à la visualisation 3D sous ArcScene.
modèle 3d de terrain
La couche 2D que nous avons choisi c’est la couche de cours d’eau du SANDRE (http://www.sandre.eaufrance.fr) pour la Bretagne. C’est une couche au format shape avec des données linéaires X,Y.

L’ensemble des cours d’eau apparaît « à plat » car il n’y a pas d’information Z. Sous ArcScene vous pouvez demander à les « draper » sur les données 3D, mais cette opération n’agît que sur l’affichage.
Pour convertir la couche X,Y en X,Y,Z vous disposez de la commande « Interpoler une forme » (Interpolate shape dans la version anglaise) dans la boîte à outils 3DAnalyst.

Vous avez trois couches à renseigner:

  • la couche de référence 3D, ici le DEM de la Bretagne
  • la couche 2D à passer en 3D, ici les cours d’eau du SANDRE
  • la couche Y,Y,Z en sortie, une nouvelle couche qui sera créé par la commande et qui contiendra le même type d’entités (ici des lignes) mais en ayant ajouté les Z calculés par interpolation de la couche de référence 3D.
  • Le résultat est une couche qui, quand elle est affichée en 3D (ici ArcScene) n’a plus besoin de drapage car elle contient elle-même les informations verticales.

    SIG et collectivités territoriales (4) – Quelques bases techniques des SIG

    Un « système » d’information géographique est composé d’une combinaison de logiciels, données, opérateurs et utilisateurs, traitements et processus et qui sous-tend une certaine organisation.
    Nous aborderons ici les bases techniques du système: la gestion (saisie, stockage, extraction), l’analyse(interrogation et traitement), la communication (production ce cartes, plans et rapports), et finalement la simulation (modélisation et production de scénarios).
    Par bases techniques nous entendrons la définition d’une série de mots qui revêtent un sens particulier quand il s »agît de SIG.

    Les entités géographiques

    Un système gère, par définition, des entités individualisables : un système bancaire aura comme entités les comptes bancaires, l’Assurance Maladie gère les entités « assurés sociaux », etc. Dans le cas d’un système d’information géographique les entités seront des objets de même type (les bâtiments, les routes, l’hydrographie, les monuments,…). Ces entités seront regroupées dans des ensembles appelées couches d’information.
    Par rapport à d’autres types de gestion des objets géographiques (CAO-DAO, …) les objets géographiques sont constituées par trois niveaux conceptuels différents:

  • le niveau géométrique: l’objet est représenté sous la forme d’un point, d’une ligne, d’une surface, d’un volume. Chacune de ces représentations est réalisée à partir d’un ou plusieurs points qui constituent l’objet, chacun de ces points ayant obligatoirement une localisation dans l’espace (coordonnées géographiques).
  • le niveau attributaire : chaque objet possède des informations alphanumériques qui décrivent ses caractéristiques( nom de la commune, adresse, type de bâtiment,…)
  • le niveau relationnel: les objets géographiques entretiennent des relations spatiales et sémantiques entre eux. Les relations spatiales sont du type bâtiment dans parcelle, parcelle dans commune, parcelle à droite de la route, rivière traverse la commune, etc. C’est ce que l’on appelle des relations topologiques. Parmi les relations sémantiques on peut citer la parcelle qui appartient à un propriétaire, les zones qui font l’objet d’une protection spéciale, etc. A des niveaux plus fins on observe d’autres types de relations spécifiques aux SIG comme l’agrégation (des communes forment un département) ou l’héritage (chaque tronçon d’un cours d’eau hérite du nom du cours d’eau).
  • Les représentations du monde réel

    L’ensemble des objets géographiques peuvent être représentés selon deux formes principales: la forme image (raster) ou la forme vecteur (point, ligne, polygone).

  • le mode raster: le monde réel est représenté par une série de pixels réguliers contenant chacun une ou plusieurs valeurs qui caractérisent l’objet situé sur ce pixel. Les données raster les plus courantes sont les photographies aériennes, les plans ou cartes scannés, les modèles numériques de terrain ou les images satellites. Le monde réel est donc représenté par une matrice régulière de cellules ou chaque objet correspond à une cellule ou à un groupe de cellules adjacentes.
  • le mode vecteur: chaque objet est représenté de manière identifié et indépendante des autres objets. Il est représenté par un point, une ligne, un polygone ou un volume possédant un identifiant unique. Cet identifiant unique est aussi présent dans la table des attributs et permet de lier la géométrie de l’objet avec ses propriétés attributaires.
  • Les données d’un SIG

    Il faut distinguer deux grands types de données différents dans un SIG:

  • les données de référence
  • les données propres ou données métier
  • Les données de référence vous serviront, lors de la création de nouvelles données, à les positionner avec exactitude dans le monde réel. Cette « exactitude » sera relative au référentiel choisi. La production des référentiels géographiques les plus courants sont la responsabilité d’institutions publiques telles que l’IGN (Institut Géographique National), l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques), la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques), le MEDDE (Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie), le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Au niveau communal, les deux fonds de plan numériques les plus fréquemment utilisés sont le plan cadastral et l’orthophotoplan (photographie aérienne orthorectifiée).
    S’appuyer sur un référentiel donné permet de s’assurer de la cohérence des données produites et de la possibilité d’échanger des données avec d’autres partenaires. Mais il faut savoir que les différents référentiels ne sont pas toujours totalement cohérents entre eux : la précision de positionnement de chacun peut être différente et les objets présents dépendent aussi de la cadence de mise à jour de chaque référentiel. En tout état de cause, il faut reconnaître que des efforts ont été réalisés ces dernières années pour une convergence de l’ensemble des référentiels disponibles.
    Les données métier peuvent avoir une origine externe (prestataires de service, fournisseurs de données thématiques, etc) ou interne. dans ce dernier cas, une attention toute particulière devra être donnée au renseignement des métadonnées. Ces fameuses métadonnées seront l’objet du prochain article de cette série.

    GRASS – le pionnier…le plus fort

    Histoire

    Le noyau de GRASS a été, à ses origines (de 1982 à 1995), développé aux Etats-Unis, dans le laboratoire de recherche du corps du Génie de l’Armée de Terre. Son développement a été par la suite poursuivi par une équipe internationale, sous licence GNU/GPL.

    Fonctionnalités

    GRASS est un Système d’Information Géographique qui supporte à la fois des fichiers vecteurs, des fichiers de points (appelés sites dans GRASS) et des fichiers rasters (ou images). Il possède également des fonctions pour le traitement d’images et la production de cartes (exportées aux formats postscript ou html). GRASS contient notamment des outils destinés : à l’élaboration de cartes écran ou papier, à la manipulation de fichiers rasters, vecteurs ou points, au traitement d’images multispectrales, ainsi qu’à la saisie, à la gestion, à la visualisation et au stockage de l’information géographique.
    Il se distingue de la plupart des logiciels SIG du marché par sa puissance en traitement d’images. A titre d’exemple, voici une liste noin exhaustive des fonctionnalités en traitement d’images:

  • Analyse en composante canonique
  • Analyse en composante principale
  • Classification par textures
  • Classifications supervisée et non-supervisée
  • Corrections radiométriques (Fourier)
  • Détection de contours
  • Détection de formes
  • Filtres de fréquences
  • Retouches sur l’histogramme de l’image
  • Recalage (transformations affine et polynomiale)
  • Recalage de type ortho-photo
  • Rééchantillonnage
  • Renforcement de la résolution (pour les images en IHS et RGB)
  • Transformation d’une image IHS (Intensité Teinte Saturation) en RGB (RVB) – et vice-versa.
  • Transformée de Fourier et transformée de Fourier inverse
  • Spécificité

    Il ne faut surtout pas envisager GRASS comme outil SIG bureautique. Il est extrêmement puissant mais d’un abord difficile. Il tourne sous Windows à partir de Cygwin et des connaissances UNIX sont indispensables. Il devrait être réservé à des projets où le traitement et la production d’information nécessite un outil professionnel fiable et robuste, laissant les tâches bureautique à son interfacez naturelle: QGis.

    MapWindows – le challenger qui monte

    Son histoire…

    MapWindows a des origines différentes aux autres projets SIG OpenSource. Tout d’abord, le projet date de 1998, au Laboratoire de recherches sur l’Eau de Utah (USA). A l’origine l’objectif de l’équipe du projet n’était pas de développer un SIG burautique, mais de développer une bibliothèque de programmes permettant la manipulation de données géographiques dans des programmes indépendants de tout logiciel SIG. C’est à ce moment qu’a vu le jour MapWinGis sous forme de contrôle ActiveX (OCX), c’est à dire de bibliothèque de programmation utilisable dans la plupart des langages de programmation courants (VB, C, etc).
    Ce n’est que quelques années plus tard que l’Université de l’Etat de l’Idaho a développé MapWindows GIS, un logicel clé en main, utilisant les programmes de l’OCX et en développant une nouvelle bibliothèque, Dot Spatial, qui peut être utilisée en programmation avec C# et .NET.

    Ses fonctionnalités

    Cette évolution atypique fait que MapWindows est légèrement moins fourni en fonctionnalités de son interface bureautique par rapport à ses concurrents directs (QGis, gvSIG), mais permet des développements beaucoup plus puissants et rapides.
    C’est donc un outil pour des projets relativement simples ne faisant pas appel à des fonctions SIG trop évoluées, ou bien pour des projets où l’on sait qu’il faudra développer une partie des fonctionnalités. Il peut aussi très bien être un produit complémentaire au SIG burautique (OpenSource ou éditeur) permettant de développer les tâches d’automatisation ou des modules métier.

    Ses avantages

    Il n’est pas nécessaire d’être un programmeur confirmé pour développer des outils avec Dot Spatial, et sur cet aspect là, MapWindows a une bonne longueur d’avance sur ses concurrents, surtout actuellement où une grande partie des utilisateurs SIG se posent le problème de l’automatisation et optimisation des procédures de gestion de données SIG.

    gvSIG – le préféré des collectivités

    Rappel historique

    gvSIG est né en 2004 au Conseil en Infrastructures et transport d’Espagne, dans le cadre d’une migration vers des outils OpenSource (gvPontis). Son objectif principal était de disposer d’un SIG complet capable de se substituer aux SIG « éditeur ». Il se compose de deux produits généraux: gvSIG Desktop pour PCs et gvSIG Mobile pour les outils mobiles.

    Caractéristiques techniques.

    gvSIG est aujourd’hui un des SIG des plus complets, en associant des fonctions puissantes d’édition de données vecteur, des outils de numérisation avec accrochage automatique et génération de la topologie nécessaire, un outil de carte de localisation configurable qui permet d’avoir une vue générale de l’endroit de travail, etc.
    C’est un SIG multi-plateforme (Linux, Mac OS, Windows), multi-langue, avec une interface ergonomique et configurable, qui s’appuie sur les standards OGC.

    Sa différence.

    Techniquement il remplit, à peu de chose près,les mêmes fonctionnalités que QGis ou MapWindows. Ce qui fait sa particularité est l’esprit du projet. gvSIG ne considère pas l’aspect technique du SIG comme le facteur principal de son développement. Il propose une autre façon de concevoir le développement des systèmes d’information: prendre en compte non seulement la technique mais aussi l’économie et la politique. gvSIG se propose de « mettre en route un modèle de production alternatif au modèle traditionnel basé sur la spéculation des connaissances acquises. » Ce nouveau modèle serait basé sur la collaboration et la solidarité, pour permettre de produire plus, mieux et de manière plus juste.
    Le projet gvSIG considère que dans la grande majorité de projets OpenSource, le logiciel devient une fin en soi, et ce faisant, ils perdent leur intérêt ou disparaissent. gvSIG considère que les arguments techniques ne doivent pas être les seuls à conduire un projet OpenSource.
    C’est cette conception différente du projet OpenSource, mené par de collectivités territoriales en Espagne, mais aussi en Amérique Latine, qui fait de gvSIG un outil ayant une grande écoute au près des collectivités territoriales françaises.

    Quantum GIS – le vent en poupe

    L’histoire de Quantum GIS (QGIS) débute en 2002 sous l’impulsion de Gary Sherman qui souhaitait pouvoir disposer d’un viewer SIG sur Linux.A l’origine Quantum GIS était destiné à n’être qu’un outil de visualisation des données de GRASS. Aujourd’hui, ce projet désormais soutenu par l’OSGEO a considérablement évolué et propose des fonctionnalités proches des SIG commerciaux tout en étant utilisable sur la grande majorité des plates-formes (Windows, Mac, Linux…). Ce SIG a développé de très grandes capacités. Quantum GIS a la particularité de poursuivre un développement parallèle à GRASS à qui il reprend certaines caractéristiques graphiques.

    Installation

    L’installation est simple, elle se fait de manière classique à partir du fichier téléchargé sur le site de Quantum.

    Accès aux données

    Bien que conçu au départ comme un simple viewer pour PostGis, QGIS s’appuie sur la librairie GDAL-OGR afin d’étoffer considérablement la liste des formats de données accessibles en lecture et/ou écriture.

    QGis travaille avec les deux types de données principales des SIG: les données vecteur (représentation des entités géographiques sous forme de point, lignes, surface…) et les données raster (représentation d’un territoire sous forme de pixels, comme une photo aérienne, un modèle numérique de terrain, etc…).

    Au niveau des vecteurs cette liste compte près d’une trentaine de formats dont notamment : ESRI Shapefile, FMEObjects Gateway, Mapinfo File, Oracle Spatial, PostgreSQL, SQLite, WFS…

    Au niveau des rasters la liste est bien plus longue puisqu’elle compte plus d’une cinquantaine de formats dont notamment : Arc/Info ASCII Grid, ECW, TIFF, GeoTIFF,OGC WCS et WMS, USGS SDTS DEM …

    QGIS est le seul permettant l’accès sous forme native (sans transformation du format) à une telle quantité de sources de données. À l’utilisation, cette souplesse est vraiment agréable car il n’est plus nécessaire de devoir convertir des données dans tel ou tel format avant de pouvoir les consulter.

    Cette souplesse se retrouve également au niveau de l’export des données. Il est en effet possible de convertir ces dernières en utilisant tout simplement l’option « Enregistrer sous… » de QGis.

    Fonctionnalités

    Les fonctions disponibles dans QGis peuvent se diviser en deux catégories:

  • les fonctions disponibles dans le noyau du logiciel
  • les fonctions disponibles à partir de l’ajout de « plugins »
  • Parmi le premier type de fonctions on retrouve la totalité des fonctions de base d’un SIG bureautique : création et modification de données, représentation des données, composition et impression de cartes, …
    Le deuxième type de fonction permet la réalisation de traitements évolués, mais aussi l’intégration de données et services très puissants : affichage de google maps comme fond de carte, géoréférencement, mosaiquage et découpage d’images, etc.

    Dans les mailles du filet SIG?

    Les équipes SIG se sont constituées au fil du temps avec des outils plus ou moins imposés, avec des objectifs de travail ne laissant pas toujours le temps de la réflexion stratégique. Les impératifs et les échéances s’accumulent et la sensation de ne plus appréhender les alternatives offertes devient croissante. Comment combler les lacunes techniques? comment optimiser son travail?, car on fait mais on est convaincu que l’on pourrait faire beaucoup plus vite et plus simplement.

    L’utilisation d’un systèmes d’information géographique implique une double activité: d’un côté le travail quotidien, systématique et répétitif de gestion de l’information; d’un autre côté la réflexion stratégique pour adapter l’outil et les procédures de manière à simplifier et optimiser le temps de travail et les résultats obtenus.
    Le problème se pose quand le premier prend le pas sur le deuxième: trop absorbés par les tâches de routine on n’arrive pas à lever la « tête du guidon » pour voir quelles sont les possibilités de gain de temps et d’optimisation qui s’offrent à nous.
    Posons tout d’abord un axiome du SIG: toute tâche routinière peut être optimisée, soit par modification de la procédure, soit par l’automatisation de tout ou une partie de ces procédures. Si on n’optimise pas une procédure c’est par manque de connaissances approfondies du logiciel qu’on utilise ou parce que le rapport coût/résultat ne le justifie pas.

    Aujourd’hui, l’accompagnement (coaching) SIG permet d’aborder ce problème avec des éléments nouveaux.

    Le premier a trait à l’ampleur du travail. Les appels à des intervenants extérieurs se fait généralement dans le cadre de projets importants, impliquant principalement des équipes, et suivant des procédures de consultation et d’appel d’offres relativement lourds. Le coaching prend en charge plutôt des problématiques individuelles et ponctuelles et qui ne nécessitent pas de budgets importants.
    Le deuxième se réfère aux procédures mises en place. L’automatisation des procédures de gestion sont étudiées dans le cadre du coaching sans « a priori » sur les moyens à mettre en oeuvre. Si dans un premier temps le coach envisagera les moyens d’optimiser les procédures en utilisant à fond les possibilités du logiciel SIG en place, il étudiera aussi la possibilité de mettre en place des outils complémentaires à partir des offres de logiciels OpenSource, ou, en derniers recours, le développement complet d’un exécutable.
    Souvent, l’ensemble de ce travail ne prend pas plus de 4 ou 5 heures, permettant de gagner une, deux, ou trois heures de travail par jour.

    SIG et collectivités territoriales (3) – Les aspects stratégiques du projet SIG

    Les aspects stratégiques d’un projet SIG

    Dans la suite directe de l’article précédent, on observe régulièrement dans la stratégie de mise en place d’un SIG dans une collectivité territoriale une double orientation.

    Cette orientation stratégique vise à la mise en place des applications de gestion, d’une part, et des applications d’aide à la décision d’autre part. Cette double stratégie est difficile de concilier au niveaux des équipes qui doivent rationaliser le travail de routine au sein des applications de gestion, et, en même temps , essayer de prévoir de nouvelles utilisations de l’information, utilisations qu’on ne connaît pas encore.

    Dans les applications de gestion on a pour objectif d’améliorer l’efficacité individuelle des agents dans la gestion des informations spatiales. Les agents doivent remplacer leurs outils et méthodes de travail par les outils SIG et la démarche qui va avec. D’un point de vue
    humain, on est devant une rupture qu’il faut savoir gérer si on veut atteindre les objectifs de la mise en place du SIG.
    Le simple accompagnement technique, voire les stages de formation, n’est pas suffisant, voire contreproductif s’il ont lieu à contretemps.

    C’est à ce stade qu’une évaluation doit être faite pour savoir quel type d’accompagnement est nécessaire. Nous pouvons distinguer deux types d’interventions principales dans le Coaching SIG au niveau des équipes.

    LE TEAM BUILDING SIG

    Il s’applique aux équipes qui assimilent sans problème majeur les nouvelles technologies. L’apprentissage ne pose pas de problème, mais les compétences existantes ne sont pas utilisées de manière optimale. L’objectif de l’accompagnement est le développement de la performance de l’équipe. Dans ce cas, le contrat de coaching est la définition des objectifs de performance, pour les décliner et les inscrire dans la durée.
    Le rôle du coach est de stimuler, dynamiser et recadrer en apportant son expérience et son énergie pour permettre au groupe de se projeter.
    Le coach se place en « position haute » par rapport au groupe. Il joue le rôle d’animateur d’équipe  avec son apport technique et méthodologique.
    A travers des animations pédagogiques il aide le groupe à trouver sa propre dynamique. Cette méthode s’inscrit dans un temps structuré et une durée courte et déterminée, de l’ordre de quelques semaines, avec des séances rapprochées.
    Les responsables hiérarchiques du groupe jouent un rôle de leaders conforté par le consultant. Les responsables co-animent et co-préparent l’intervention.

    LE TEAM COACHING SIG

    Il s’applique aux équipes qui n’arrivent pas à intégrer facilement la nouvelle technologie, et qui par ce fait, n’arrivent pas à se fixer des objectifs communs au groupe. Chaque intervenant assimile le SIG à sa façon et voit des objectifs différents par rapport à ses
    partenaires d’équipe. Ce type d’accompagnement a comme objectif le développement du fonctionnement d’une équipe ou d’un groupe de personnes, dans le cas où les objectifs stratégiques du groupe ne sont pas clairs et où il manquent certaines compétences au sein du groupe.
    Le contrat de coaching est de faire émerger les objectifs du groupe.
    Le rôle du coach est de faire émerger ces objectifs à moyen et long terme par le groupe, en le questionnant et en reformulant ses propositions. Il accompagne le travail d’appropriation par l’équipe et l’intégration au quotidien de ces objectifs.
    Le coach se place en « position basse ». Il est un facilitateur, un médiateur avec la matière du groupe, en faisant appel essentiellement à l’écoute…
    Cette méthode s’inscrit dans le temps, de l’ordre de plusieurs mois, avec un travail personnel ou d’équipe entre les séances qui sont espacées. La composante hiérarchique du groupe fait partie du groupe au même titre que les autres. Le consultant anime et prépare seul l’intervention.

    Les partenariats externes à la collectivité

    Le partenariat est une dimension importante du projet. Il concerne la phase amont de constitution du projet pour l’acquisition des données, mais aussi la phase d’exploitation du SIG. Cela implique la gestion des aspects juridiques associés aux droits d’usages et de reproduction liés aux données partagées. C’est dans la phase amont qu’on défini les rôles de chaque partenaire. Il est donc fondamental pour la suite du projet de pouvoir compter sur un accompagnement qui permette une anticipation des problèmes les plus fréquents et qui orient sur les engagements à prendre ou pas. Ceci est particulièrement vrai dans le cas où les partenaires externes ne sont pas à leur premier projet et où la collectivité peut pêcher par manque d’expérience.

    Dans l’article suivant nous commencerons à aborder les aspects techniques indispensables pour la méthodologie de mise en place d’un SIG.